Qualifier le besoin avant de comparer les contrats
Un poste durablement vacant, le remplacement temporaire d’un salarié absent et un surcroît ponctuel d’activité sont trois situations différentes. Une comparaison de coûts ne dispense pas de vérifier le cadre de recours au contrat envisagé.
Dans le secteur privé, le CDD et le contrat de mission ne peuvent pas pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente : L. 1242-1 et L. 1251-5 du Code du travail. Un motif légal et ses conditions doivent être examinés. Les règles de l’emploi public et certains dispositifs particuliers nécessitent une analyse distincte.
L’intérim peut répondre à une urgence ou à un besoin de compétences disponible à court terme. Pour un besoin récurrent, examiner aussi la stabilisation des équipes, un dispositif interne de remplacement et l’amélioration de la prévention.
Comparer à service et durée équivalents
| Dimension | CDI | CDD | Intérim |
|---|---|---|---|
| Coût direct | Rémunération, cotisations et avantages. | Rémunération, cotisations, avantages et indemnités applicables. | Facture de l’agence, options et suppléments. |
| Congés et couverture | Congés rémunérés et besoin éventuel de remplacement. | Congés pris ou indemnité compensatrice selon la situation. | Vérifier ce que couvre le tarif de mise à disposition. |
| Coûts internes | Recrutement, intégration, formation, tutorat. | Recrutements répétés, intégration et tutorat. | Commande, accueil, contrôle et tutorat restant à charge. |
| Continuité | Compétences conservées et durée de présence. | Durée du besoin et passages de relais. | Disponibilité, changements d’intervenants et continuité. |
La prime de fin de CDD est généralement de 10 %, avec exceptions et possibilités conventionnelles encadrées. Les congés non pris peuvent donner lieu à indemnisation. Consulter la fiche sur la prime de précarité et celle sur les congés en CDD. Ne pas additionner mécaniquement des pourcentages sans vérifier leurs assiettes.
Pour l’intérim, partir du devis réel : les indemnités et cotisations supportées par l’agence sont normalement intégrées à sa construction tarifaire. Ne pas les ajouter une seconde fois à une facture qui les couvre déjà. La fiche Service Public sur le contrat de mission précise les droits du salarié. Il n’existe pas de coefficient de facturation universel.
Calcul sur un mois : intégrer les allègements
Exemple corrigé le 15 octobre 2026. Le coût employeur se calcule avec les cotisations nettes des réductions et exonérations applicables. Un taux forfaitaire de 40 % ne permet pas, à lui seul, de comparer les contrats.
Hypothèses : employeur privé de moins de 50 salariés éligible à la réduction générale dégressive unique (RGDU), salarié à temps plein, 35 heures, mois complet, sans heures supplémentaires ni absence ; rémunération CDI stable de 2 500 € par mois sans prime annuelle. CDD d’un mois : 2 500 € de salaire, 250 € de prime de fin de contrat et 275 € de congés non pris, soit 3 025 € soumis à cotisations. Aucun régime spécial ni autre exonération. Pour isoler l’effet des allègements, les cotisations avant réduction restent fixées fictivement à 40 % ; elles devront être remplacées par les cotisations réelles.
La formule 2026 de RGDU, avec les paramètres du cas retenu, donne un coefficient arrondi de 0,1719 pour le CDI et 0,0974 pour le CDD. Le calcul utilise le Smic de référence annuel de 21 876,40 €, ramené à un mois pour le CDD. La rémunération du CDD inclut les indemnités soumises à cotisations : le même salaire de base ne donne donc pas nécessairement le même allègement.
| Calcul mensuel illustratif | CDI | CDD d’un mois | Intérim |
|---|---|---|---|
| Salaire et indemnités soumis à cotisations | 2 500 € | 3 025 € | Inclus dans le devis |
| Cotisations avant allègement — hypothèse 40 % | 1 000 € | 1 210 € | Incluses |
| RGDU estimée, sous les hypothèses ci-dessus | −429,75 € | −294,64 € | Calculée par l’agence |
| Cotisations restant à charge dans le modèle | 570,25 € | 915,36 € | Incluses |
| Coût de paie / facture du mois | 3 070,25 € | 3 940,36 € | 4 750 € HT, devis fictif |
Le calcul de la réduction est : rémunération × coefficient. Pour ce cas, coefficient = 0,0200 + 0,3781 × [0,5 × (3 × Smic de référence / rémunération − 1)]1,75, arrondi à quatre décimales ; le Smic et la rémunération sont exprimés sur la même période. Le coût CDD est alors 3 025 + 1 210 − 294,64 = 3 940,36 €. Ce modèle ne constitue pas un bulletin de paie.
Ces totaux sont une lecture de la paie ou de la facture du mois, pas un classement définitif à service équivalent. Le CDI conserve des droits à congés à rémunérer ultérieurement. L’estimation précédente de 350 € à ajouter automatiquement est retirée : l’incidence nette des congés et des allègements doit être calculée de façon cohérente. Pour comparer le service couvert, partir du coût annuel net et des heures réellement disponibles ; pour un CDD, retenir les règles de la période contractuelle.
Le devis intérim de 4 750 € est une hypothèse commerciale inchangée. Les éventuels allègements de l’agence ne se déduisent pas une seconde fois de la facture de l’entreprise utilisatrice : examiner leur prise en compte dans le tarif négocié. La TVA est supposée récupérable. Ajouter la part non récupérable et les autres coûts pertinents le cas échéant.
Les vérifications nécessaires sur les exonérations
Le calcul dépend de la rémunération totale, du temps de travail, de l’effectif, du régime et de la situation de l’employeur. Examiner les régularisations sur l’année ou la période applicable ; ne pas extrapoler mécaniquement un mois à douze mois. Les règles de cumul ou de non-cumul des dispositifs doivent aussi être vérifiées.
Demander les cotisations avant allègement, la réduction appliquée, les exonérations spécifiques, les régularisations et le coût net issu de la paie. Pour un budget, utiliser le simulateur de coût employeur Urssaf, puis confronter le résultat aux paramètres réels. Consulter le BOSS : allègements généraux pour les règles de calcul, de temporalité et les cas particuliers. L’intérim présente notamment des modalités propres au travail temporaire.
Cas fictif : le coût de 800 heures couvertes
Trois hypothèses pédagogiques assurent chacune 800 heures utiles de service à qualité supposée équivalente. Les coûts directs sont des montants fictifs nets des allègements supposés applicables, issus d’un budget de paie ou d’un devis, et non des barèmes. Pour le CDI, il s’agit d’une allocation du coût annuel, congés compris, aux heures utiles ; le contrat continue au-delà de la période. Pour le CDD, le montant comprend les indemnités applicables et les cotisations. Le devis intérim est supposé complet, hors TVA récupérable.
| Coûts en euros | CDI | CDD | Intérim |
|---|---|---|---|
| Coût direct alloué aux 800 heures | 25 200 | 30 500 | 31 200 |
| Recrutement ou gestion de la mission | 1 000 | 1 200 | 500 |
| Temps du tuteur, distinct du coût du salarié | 800 | 800 | 800 |
| Total du périmètre illustré | 27 000 | 32 500 | 32 500 |
| Coût par heure utile, arrondi | 33,75 € | 40,63 € | 40,63 € |
Dans cet exemple seulement, CDD et intérim aboutissent au même coût malgré des structures différentes. Il faut encore examiner les coûts omis du périmètre : équipement, remplacement ultérieur, risques de rupture et qualité. Une indisponibilité au moment nécessaire peut changer la comparaison.
Le coût horaire du CDI n’est pas le décaissement d’un contrat qui prendrait fin après 800 heures. Pour une décision réelle, établir aussi un budget sur la durée du besoin et au-delà : utilisation future, continuité, recrutement et obligations contractuelles. En cas de TVA non récupérable, intégrer sa part au coût de l’intérim.
Postes vacants, absences et départs : trois lectures
| Situation | Mesure utile | Coûts ou effets à rechercher |
|---|---|---|
| Poste vacant | Durée entre besoin identifié, autorisation et prise de poste. | Recrutement, intérim, heures supplémentaires, activité reportée. |
| Absence | Heures absentes, motifs agrégés et taux de couverture. | Maintien de salaire net des remboursements, remplacement, coordination. |
| Turnover | Entrées, sorties, ancienneté au départ et recrutements infructueux. | Intégration répétée, tutorat, désorganisation, pertes de compétences. |
Un poste non pourvu réduit la paie mais pas nécessairement le coût du service. Rechercher les transferts vers l’intérim, la sous-traitance ou les autres équipes. Ne pas assimiler une perte de chiffre d’affaires à une perte de marge : déduire les coûts variables évités lorsqu’on chiffre l’activité non réalisée.
Pour l’absentéisme, définir les motifs inclus et le dénominateur ; ne pas mélanger jours calendaires et jours travaillés. Pour le turnover, annoncer la formule retenue et distinguer les fins de contrats temporaires des départs de salariés permanents. Les agrégats ne permettent pas d’attribuer les absences ou départs à une cause unique.
Documents et grille de travail
- Effectifs mensuels en ETP, postes budgétés, postes vacants et dates de recrutement.
- Heures prévues, réalisées, absentes, supplémentaires et couvertes par remplacement.
- Paie, cotisations avant et après allègements, régularisations, remboursements, factures d’intérim, frais de recrutement et formation.
- Entrées et sorties par métier, statut et ancienneté, avec des données agrégées.
- Temps d’intégration et de tutorat, qualité, incidents et activité reportée.
Complétez cette grille puis exportez vos notes. Les champs restent dans votre navigateur et sont perdus à la fermeture ou au rechargement. Aucune donnée n’est envoyée au cabinet.
Les données sont à adapter au mandat et aux règles de confidentialité. Les comparaisons doivent porter sur les emplois et organisations, sans exposer les situations médicales individuelles.
Relier coûts et politique salariale
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Exemple original et fictif. Sources Légifrance et Service Public consultées le 15 octobre 2026. Aucun coût ni taux de cotisation présenté comme universel.
